
Lettre du pasteur décembre 2025
Pensées sur Noël !

Le beau sapin, roi des forêts, n’a pas de feuilles caduques, il reste vert, même en hiver ; il est un symbole de longévité.
Certains chrétiens ont voulu voir en lui une image de la vie éternelle, la vie pour toujours, offerte par Jésus-Christ. Il était alors orné de fruits pour renforcer cette symbolique de vie et pour dire cette abondance et cette générosité.
Dans la Bible, on parle des arbres qui porteront jusqu’à douze récoltes, quand ils auront été renouvelés par la restauration de l’harmonie avec Dieu. Jésus lui-même utilisera aussi cette image de l’arbre pour évoquer le fait qu’une existence s’épanouit ou non : « Chaque arbre se reconnaît à son propre fruit. » (Luc 6. 44). Alors dans la paix de Noël, regardons si nous portons de beaux fruits, et aspirons à en porter plus !
Ne pas recevoir de cadeau, ce n’est rien. Ce qui est triste, c’est de ne pas recevoir le seul cadeau qu’on aimerait recevoir.
Lucas aurait voulu recevoir un papa et une maman qui s’aiment. Eh bien ça, il ne l’a pas reçu. Cette semaine, ça va. Mais il sent bien que ça ne promet rien de bon pour les mois qui viennent. Cette femme, son seul cadeau aurait été de pouvoir retrouver en son mari, l’homme qui l’aimait. Il a fait des cadeaux, mais pas celui-là. Cet homme, son plus beau cadeau…
Certains ont un peu de mal avec le sentiment d’avoir à faire des cadeaux à tout prix. Il peut en effet y avoir une pression sociale ou familiale. Mais n’est-ce pas le temps de découvrir ou de redécouvrir que c’est surtout soi-même qu’on peut donner. Donner un peu de soi, c’est donner du temps, de la disponibilité, de la gentillesse, de l’amour, autant de choses qui font beaucoup plus vivre qu’une bouteille de parfum ou qu’une console PS5. Donner c’est bien. Mais il faut savoir que les choses les plus importantes dans la vie ne sont justement pas des choses. Les plus beaux cadeaux sont probablement ceux qu’on peut rapporter quand les magasins sont fermés. A Noël, Dieu décide de donner ce qu’il a de plus cher, son Fils, Jésus-Christ. Il est Emmanuel, « Dieu est au milieu de nous ». Finalement, c’est Dieu qui s’offre lui-même, qui se donne. En ces temps de Noël, rendons cette logique du don contagieuse.

« Noël, c’est l’anniversaire d’EDF », disait un enfant. Noël voit nos rues s’illuminer de guirlandes et les vitrines des magasins qui clignotent. C’est même l’origine de cette fête qui arrive au moment où les jours ont fini de décroître et où la lumière va commencer à regagner, jour après jour, sur la nuit et les ténèbres. Le solstice d’hiver marque ce passage et a été fêté dans toutes les sociétés. C’est pour cela que les chrétiens ont décidé de célébrer la naissance de Jésus au moment du solstice d’hiver, le 25 décembre. Jésus est présenté comme l’étoile brillante du matin (Apoc. 22.16), le Soleil de justice (Mal. 3. 20). Il est la lumière du monde (Jn 8.12) et il a dit lui-même : « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » D’où la célébration de sa naissance à la date actuelle de Noël. Noël c’est la fête de la lumière. Mais alors, entre les milliers de bougies électriques dans nos avenues et Jésus, il ne faut pas se tromper de lumière. Il faut pouvoir suivre l’étoile qui désigne l’étable de Bethléem. Enfin, non seulement Jésus est la lumière du monde, mais il nous a donné la responsabilité d’être à notre tour lumières pour le monde (Mat. 5. 14). Cette lumière ne doit
pas être mise sous un seau mais doit briller devant les hommes. Non pas une lumière blingbling, qui en met plein les yeux aux autres. C’est une lumière qui s’inscrit dans les béatitudes. Il y est question d’humilité, de douceur, de fidélité, de persévérance, d’amour pour la justice, de pardon… Et c’est bien en vivant les béatitudes que nous sommes lumière.
Dans la plupart des familles, le repas fait partie des incontournables du temps de Noël. Le repas est un événement très important, car c’est autour d’une table seulement qu’on devient des proches, qu’on manifeste qu’on est compagnons. Étymologiquement le compagnon est celui avec qui on partage son pain. Être compagnons, c’est manger la même nourriture. Alors nos repas peuvent devenir de vraies occasions de fraternité. Jésus a beaucoup mangé avec les gens. Dans la Bible, le verbe manger est trois fois plus présent que le verbe prier ! Jésus a même laissé comme signe ultime aux chrétiens un repas, la cène. Mais à quoi servirait-il de manger ensemble le meilleur foie gras si c’est pour se parler mal le reste du temps ?
On multiplie des actes de Noël. Mais on n’a pas des paroles de Noël. On continue à parler et à se parler comme d’habitude, avec mauvaise humeur, avec énervement. On lance des mots comme des griffes, des phrases comme des coups de pied. Les douceurs sont au menu, mais pas sur les langues. Nos mains font Noël, mais nos cœurs font vinaigre. Nous pouvons courir, dépenser, dresser les plus belles et copieuses tables. Ce ne sera jamais Noël tant que notre langage ne sera pas accordé à celui des anges : «Bienveillance parmi des hommes. »
En vous souhaitant un beau et joyeux Noël,
Raymond Ruffe
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