Lettre du pasteur février 2026

Des pierres vivantes !

Des pierres vivantes ! Voilà une expression pour le moins étonnante. Et elle n’a absolument rien à voir avec la Chose, le super-héros qui évolue dans l’univers Marvel. Des pierres vivantes : c’est un peu un oxymore. En effet, les pierres sont des corps inanimés. Elles n’ont pas de vie en elles. Pourtant, lorsque les pharisiens demandent à Jésus de faire taire ses disciples qui l’acclament, il leur répond, «S’ils se taisent, les pierres crieront. » (Luc 19. 40).

Auraient-elles vraiment pu crier ? Très certainement ! Et elles auraient beaucoup à dire.

Laissons libre cours à notre imagination : Une immense scène planétaire, voire universelle, et une foule composée de tout le monde minéral. Ils sont si nombreux qu’on ne peut les compter. Les uns à la suite des autres, ils prennent la parole et rendent témoignage à Celui qui les a créés.

Si les pierres se mettaient à parler, les anciens rochers témoigneraient du chaos originel, le fameux tohu-bohu en hébreu. Ils diraient comment l’ouvrage de Dieu a créé le cosmos, l’ordre, le monde organisé, dans les étapes successives de l’histoire de la création. D’autres viendraient ensuite pour rappeler qu’elles étaient les pierres mortes et que d’elles, il a suscité des enfants à Abraham : « Car je vous dis que Dieu peut utiliser les pierres que voici pour en faire des enfants d’Abraham !» (Matthieu 3. 9). Si les pierres se mettaient à parler, les douze pierres précieuses diraient comment le Grand Gemmologue les a honorées en les choisissant pour servir d’ornement au pectoral du Grand Prêtre. Si les pierres se mettaient à parler, elles rendraient témoignage au Maître de la carrière. Elles diraient comment elles ont été extraites, puis taillées, formées pour entrer dans la construction du temple. Si les pierres pouvaient parler, elles auraient une longue, très longue histoire à raconter. Elles seraient nombreuses à rappeler comment elles ont été dressées en mémorial devant Dieu, afin de se souvenir de sa fidélité. Combien d’autels, de monuments, d’Eben-Ezer, de pierres du secours, de colonnes du souvenir se succéderaient pour dire comment elles ont marqué un emplacement où Dieu était intervenu de façon particulière. Si les pierres pouvaient parler, certaines s’avanceraient pour dire au Seigneur ce que les hommes n’ont pas su lui dire : elles lui demanderaient pardon pour ceux qui les ont tenues en main pour le lapider (Jean 10. 31). Si les pierres pouvaient parler, la dernière à se lever et à s’avancer vers l’estrade, serait la pierre du sépulcre, la très lourde pierre du tombeau. A peine se serait-elle levée de sa place, on entendrait la foule de pierres vivantes pousser une grande clameur, associée à une standing ovation et se lancer dans une louange spontanée, rendue au son des vivats et de la musique. Elle raconterait comment, tout

en veillant sur le corps endormi du Seigneur, elle murmurait son espérance de le voir se réveiller de la mort. Elle dirait comment son murmure s’est transformé en un cri d’action de grâce quand l’ange l’a roulée et qu’elle a vu le Sauveur sortir du séjour des morts.

Oui, si elles le pouvaient, les pierres crieraient vraiment. Leurs cris s’élèveraient comme un psaume, mêlant tout à la fois, la confiance, la repentance, l’espérance et la louange. Mais nous ne voulons pas les laisser seules. Soyons des pierres vivantes. Submergeons leur voix de la nôtre. Racontons comment Dieu a organisé le chaos de nos existences. Rappelons comment le Christ est devenu lui-même pour nous, la pierre d’angle qui a donné à notre vie sa direction, défini les angles de notre existence et fait tenir l’ensemble. Soyons des pierres vivantes, entrons dans le projet de Dieu, prenons notre place dans la construction de son temple spirituel. Soyons des pierres vivantes, dressons en mémorial les moments où Dieu a fait quelque chose de spécial dans notre vie. Dressons-les comme des édifices qui nous permettent de nous souvenir de l’action constante de Dieu en notre faveur. Soyons des pierres vivantes, ne subissons pas le péché, reprenons notre histoire en main, choisissons la repentance et mettons le cap sur la vie de Dieu. Soyons des pierres vivantes, crions notre espérance, rappelons aux hommes et femmes autour de nous, que toutes les pierres qui leur semblent impossibles à déplacer peuvent être roulées par Celui qui est sorti vainqueur de la mort.

Avec mes meilleures pensées fraternelles

Raymond Ruffe

Categories:

Tags:

Comments are closed