Lettre du Pasteur

 

La joie, cette forteresse imprenable !

La Bible affirme des choses surprenantes et incroyables. On peut même parler de paradoxes, d’idées chocs qui nécessitent la foi ou un œil spirituel pour les aborder : Elle nous parle d’être fort dans la faiblesse (2 Cor. 12. 9-10), riche dans la pauvreté (2 Cor. 6. 10), vivant dans mort (Jn 11. 25). Elle parle de gloire dans la souffrance (2 Cor. 4. 17) ou encore de joie dans la tristesse (2 Cor. 6. 10). L’appel à la joie est même une constante dans les Ecritures. Plus qu’une invitation à la joie, celle-ci nous est promise. Elle est alors qualifiée de parfaite (Jn 15. 11 ; 16. 24) et présentée pour ainsi dire, comme une forteresse imprenable (Jn 16. 22) : « ... personne ne vous enlèvera votre joie. » Jean 16. 22

Comment accueillons-nous ces paroles de Jésus ?

Nous avons certainement envie de prendre au sérieux cette promesse. La question c’est « Comment pouvons en faire l’expérience ? ». Je dirais même, « Comment se stabiliser dans cette joie ? » L’expérience décrite ci-dessous par le prophète Habacuc, peut-elle être la nôtre ?

« Les figuiers ne portent plus de fruits, les vignes ne donnent pas de raisins, les oliviers ne produisent rien, les champs ne fournissent aucune récolte ; il n'y a plus de moutons dans les enclos, plus de bœufs dans les étables. Mais moi, je trouve ma joie dans le Seigneur, je suis heureux à cause du Dieu qui me sauve. Le Seigneur Dieu est ma force : il me rend aussi agile que les biches, il me fait marcher sur les hauteurs. » Hab. 3. 17-18

Ces versets pourraient être rendus de la façon suivante : « La vie peut se transformer en pleurs, en souffrances, en solitude inéluctable, en persécutions, en maladie, en déceptions, en trahisons, en faillite financière, en chômage. Mais moi, je trouve ma joie dans le Seigneur, je suis heureux à cause du Dieu qui me sauve. Le Seigneur Dieu est ma force : il me rend aussi agile que les biches, il me fait marcher sur les hauteurs. »

Notons bien que cette joie est la joie du salut, comme cela se voit ailleurs dans les Ecritures.

« Mon cœur s'égaie en l'Éternel ; ma corne est élevée en l'Éternel ; ma bouche s'ouvre sur mes ennemis, car je me réjouis en ton salut. » 1 Samuel 2. 1

La particularité de cette joie, c’est qu’elle ne dépend pas des circonstances, elle ne suit pas la difficulté, mais c’est un état simultané à la difficulté. Peut-être se trouve t-elle amplifiée quand l’épreuve est passée, mais la Bible nous la présente souvent comme simultanée à l’épreuve. Jésus parle de la joie parfaite que connaitront les disciples, alors même qu’il leur prédit haine et persécution de la part du monde. La joie du salut dont parle Habacuc est expérimentée alors que tout ce que prophète voyait à l’horizon c’était la désolation. Et c’est bien au milieu de beaucoup de tribulations que les Thessaloniciens ont reçu la joie du Saint-Esprit.

La joie parfaite ne vient même pas du succès spirituel. Rappelons-nous ce que Jésus disait aux disciples revenus de mission et lui faisant un rapport de leur succès : « ... ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. » Luc 10. 20-21

La joie forteresse est celle qui est en lien avec le salut et seulement le salut. Elle est imprenable parce que le salut est lui-même une forteresse imprenable. Le salut que le Seigneur nous a acquis à la croix ne va pas et vient, il est. « Tout est accompli » a dit Jésus et ni le diable, ni les hommes, ni les épreuves n’y changeront rien.

Cultivons cette joie en nous rendons souvent, quotidiennement au pied de la croix et nous serons conquis par la joie de Dieu.

Avec mes meilleures pensées fraternelles,

Raymond RUFFE


Version PDF de la lettre